L’apprentissage du langage scolaire en 1-2H : construction et mise à l’épreuve d’un cadre épistémologique
DOI:
https://doi.org/10.33683/dida.22.05.74Schlagworte:
Langage, didactique du français, didactique des apprentissages fondamentaux, transdisciplinarité, pédagogique de la transitionAbstract
Analyser l’apprentissage du langage scolaire nécessite de l’aborder comme objet disciplinaire et outil transversal pour penser et apprendre. En 1-2H, le passage d’un langage acquis dans le contexte familial au langage scolaire, établissant un rapport distancié aux objets du quotidien pour en faire des objets d’étude, est un enjeu majeur de l’acquisition d’une posture d’élève. Pour soutenir cette transition, l’enseignant1 doit avoir conscience que l’apprentissage du langage scolaire est lié à celui d’autres savoirs, comme les savoirs dits fondateurs d’une scolarité réussie et les savoirs proto-disciplinaires, c’est-à-dire nécessaires à l’entrée dans une ou plusieurs discipline(s). Les activités à l’initiative des enfants, comprenant le jeu de faire semblant et les activités de production libres, sont le lieu privilégié pour observer l’usage de ces savoirs par les enfants et permettent à l’enseignant de partir de leurs intérêts. Elles deviennent l’élément clé d’une structure pédagogique accompagnant les transitions que l’enfant réalise pour devenir élève, dont celle du langage scolaire. Partir de la perspective des enfants exige de l’enseignant une transposition didactique inversée et des modalités de travail spécifiques aux petits degrés, qui sont difficilement compatibles avec une manière disciplinaire de penser l’apprentissage. Les écarts entre didactique de la langue de scolarisation, descendante et disciplinaire, et celle des apprentissages fondateurs d’une scolarité réussie, inversée et transdisciplinaire, méritent d’être discutés. Cet article expose les étapes de construction d’un cadre de travail commun entre didactique du français et des apprentissages fondamentaux, ainsi que la mise en évidence, à partir de l’analyse d’interactions autour d’un savoir langagier en réunion, du réseau de savoirs impliqués.

